Pourquoi le secteur agroalimentaire est-il si stratégique pour les CEE ?
L'industrie agroalimentaire représente l'un des secteurs les plus énergivores de France, avec une consommation annuelle estimée à plus de 100 TWh selon l'ADEME. Chaleur de process, froid industriel, moteurs électriques, air comprimé : les postes de consommation sont nombreux et les gisements d'économies considérables.
Dans ce contexte, le dispositif des Certificats d'Économies d'Énergie (CEE), piloté par le Pôle National des CEE (PNCEE), constitue un levier financier majeur. Chaque fiche d'opération standardisée valorise des travaux en kWh cumac, unité de mesure cumulée et actualisée sur la durée de vie de l'équipement. En 2025, le prix moyen d'un MWh cumac oscille entre 4 et 8 €, selon les négociations et le volume engagé.
Voici les cinq fiches CEE à privilégier en priorité pour maximiser vos primes.
Fiche 1 – IND-UT-117 : Récupération de chaleur sur les effluents gazeux
La récupération de chaleur sur les fumées de chaudières ou de fours représente l'un des gisements les plus puissants de l'industrie alimentaire. Cette fiche valorise l'installation d'économiseurs ou d'échangeurs sur les effluents à haute température.
- Forfait en kWh cumac calculé selon la puissance récupérée et la durée de fonctionnement
- Retour sur investissement accéléré grâce à la prime CEE combinée aux économies de combustible
- Applicable aux chaudières gaz, fioul ou biomasse
Pour une unité de production de taille intermédiaire, la prime peut dépasser 50 000 € selon les configurations.
Fiche 2 – IND-UT-102 : Isolation des réseaux de vapeur
Dans les usines de transformation alimentaire, les réseaux de vapeur constituent une source majeure de déperditions thermiques. La fiche IND-UT-102 valorise l'isolation des canalisations, vannes et accessoires de réseaux de vapeur.
- Valorisation basée sur le diamètre des canalisations, leur longueur et la température du fluide
- Fiche particulièrement accessible : les travaux sont souvent peu coûteux par rapport au volume de CEE généré
- Chantiers rapides, mobilisables lors d'arrêts de maintenance planifiés
Cette fiche est régulièrement citée par le PNCEE comme l'une des plus utilisées dans l'industrie.
Fiche 3 – IND-UT-136 : Variateur de vitesse sur moteurs de process
Les moteurs électriques représentent en moyenne 60 à 70 % de la consommation électrique d'un site industriel agroalimentaire (source : ADEME). L'installation de variateurs de vitesse électronique (VSE) sur les pompes, ventilateurs et compresseurs génère des économies substantielles.
- Valorisation proportionnelle à la puissance du moteur et au nombre d'heures d'utilisation annuelle
- Fiche applicable à une large gamme de moteurs : de 7,5 kW à plusieurs centaines de kW
- Synergie possible avec un audit énergétique pour identifier tous les moteurs éligibles sur site
Un programme de remplacement sur dix moteurs de 55 kW peut générer plus de 200 000 € de prime CEE.
Fiche 4 – IND-FR-UT-01 (secteur froid) : Optimisation des installations frigorifiques
Le froid industriel est au cœur des process agroalimentaires. La fiche relative à l'optimisation des groupes froid valorise le remplacement ou la modernisation des compresseurs frigorifiques, notamment l'adoption de fluides frigorigènes moins énergivores et de régulations avancées.
- Volumes de kWh cumac très élevés du fait de la durée de vie longue des équipements frigorifiques (15 à 20 ans)
- Applicable également au sous-refroidissement du liquide et à la variation de vitesse sur compresseurs
- Conformité avec la réglementation F-Gaz (Règlement UE n°517/2014) à intégrer dans la planification
Cette fiche est souvent combinée avec un Contrat de Performance Energétique (CPE) pour sécuriser les économies garanties.
Fiche 5 – IND-UT-134 : Brûleurs à haut rendement sur fours et sécheurs
Les sécheurs, fours de cuisson et étuveurs sont omniprésents dans les filières boulangerie-viennoiserie, charcuterie, conserves et plats préparés. Le remplacement de brûleurs anciens par des brûleurs à modulation ou à haute efficacité génère des économies directes sur la consommation de gaz naturel.
- Volume CEE calculé selon le rendement avant/après et la puissance installée
- Applicable aux brûleurs à flamme directe et aux échangeurs indirects
- Éligibilité conditionnée à une attestation du fabricant sur le rendement de l'équipement
Comment maximiser votre prime CEE en 2025 ?
Plusieurs règles s'appliquent pour optimiser vos dossiers :
- Engager les travaux après la date d'accord de principe avec un obligé ou mandataire agréé
- Conserver tous les documents justificatifs : devis, factures, fiches techniques, attestations sur l'honneur
- Solliciter un audit énergétique préalable (obligatoire pour les grandes entreprises selon la directive 2012/27/UE transposée en droit français) afin de prioriser les chantiers les plus rentables
- Vérifier la liste des délégataires agréés sur le site officiel du PNCEE (pncee.gouv.fr)
Le cumul de plusieurs fiches sur un même site est non seulement possible mais fortement recommandé pour constituer des dossiers à fort volume, mieux valorisés lors de la négociation avec les obligés.
Comment ECONATION peut vous accompagner
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- ADEME – Consommations énergétiques de l'industrie agroalimentaire
- PNCEE – Liste des fiches d'opérations standardisées CEE (secteur industrie)
- Arrêté du 22 décembre 2014 modifié définissant les opérations standardisées CEE
- Ministère de la Transition écologique – Dispositif des CEE
- Règlement UE n°517/2014 relatif aux gaz à effet de serre fluorés (F-Gaz)
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