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Bilan carbone 2025 de la France : progrès et reculs

La France réduit ses émissions de gaz à effet de serre, mais certains secteurs restent à la traîne. Décryptage du bilan carbone 2025.

17 juillet 20264 min de lecture
Bilan carbone 2025 de la France : progrès et reculs

Bilan carbone 2025 de la France : qui avance, qui recule ?

La France s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 50 % d'ici 2030 par rapport à 1990, dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC). Le bilan 2025 offre un tableau contrasté : des avancées réelles dans certains secteurs, des retards persistants dans d'autres.


Une tendance nationale encourageante

Selon les données provisoires du Centre Interprofessionnel Technique d'Études de la Pollution Atmosphérique (CITEPA), les émissions nationales de GES ont atteint environ 385 millions de tonnes équivalent CO₂ (MtCO₂e) en 2024, contre 408 MtCO₂e en 2022. Cette trajectoire marque une baisse de près de 5 % en deux ans.

L'objectif fixé par la SNBC 2 est d'atteindre 310 MtCO₂e en 2030. La France reste encore loin du compte, mais la direction est bonne sur certains segments.


Les secteurs qui progressent

La production d'électricité

Le parc nucléaire français, après une année 2022 difficile marquée par des arrêts de réacteurs pour maintenance, a retrouvé sa capacité de production en 2023-2024. Le secteur de l'énergie affiche une réduction significative de ses émissions, grâce également à la montée en puissance des énergies renouvelables. La part des ENR dans le mix électrique dépasse désormais 30 %, selon RTE.

Le bâtiment résidentiel et tertiaire

Le secteur du bâtiment a enregistré une baisse de ses émissions d'environ 8 % entre 2022 et 2024. Plusieurs facteurs l'expliquent :

  • Le déploiement massif des aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov', CEE)
  • La hausse du prix de l'énergie qui a incité les ménages à réduire leur consommation
  • L'accélération des chaudières à gaz remplacées par des pompes à chaleur

Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) jouent ici un rôle central. Le Programme National des CEE (PNCEE) indique que plus de 3 000 TWh cumac ont été délivrés depuis le début du dispositif, représentant des millions de gestes d'efficacité énergétique réalisés.

L'industrie

L'industrie française a réduit ses émissions de 15 % depuis 2019, notamment grâce à la baisse de la production dans certains secteurs énergivores et aux investissements dans l'efficacité énergétique. Le dispositif des CEE industrie et les obligations des sites soumis au système d'échange de quotas européen (EU ETS) ont contribué à cette dynamique.


Les secteurs qui reculent ou stagnent

Les transports : le parent pauvre de la transition

Le transport représente toujours 31 % des émissions nationales, selon le Ministère de la Transition écologique. C'est le secteur le plus émetteur et celui qui progresse le moins vite.

  • Le trafic routier des poids lourds reste stable, voire en hausse
  • La part des véhicules électriques progresse mais reste inférieure à 25 % des ventes neuves
  • Le transport aérien intra-européen ne montre pas de réduction structurelle

La France accuse un retard manifeste sur ses jalons budgets carbone pour ce secteur.

L'agriculture : un secteur structurellement difficile

L'agriculture représente environ 19 % des émissions, essentiellement sous forme de méthane (élevage) et de protoxyde d'azote (engrais). Ces émissions sont dites "diffuses" et particulièrement difficiles à réduire.

Malgré les plans de la SNBC, les émissions agricoles n'ont baissé que de 3 % depuis 2015. Les transitions vers l'agro-écologie restent lentes et les investissements insuffisants.

Le chauffage collectif au fioul

Si les particuliers abandonnent progressivement le fioul, certaines copropriétés et bâtiments publics tardent à franchir le pas. Le Ministère de la Transition écologique estime que plus de 600 000 chaudières fioul étaient encore en service en France fin 2024.


Ce que révèle ce bilan pour 2025-2026

Le troisième budget carbone (2019-2023) n'a pas été respecté dans sa totalité. Le quatrième budget (2024-2028) fixe un plafond de 278 MtCO₂e par an en moyenne, ce qui suppose une accélération nette des efforts.

Trois leviers sont identifiés comme prioritaires par l'ADEME :

  1. La rénovation énergétique des bâtiments : viser 700 000 rénovations performantes par an
  2. L'électrification des usages : chaleur, mobilité, industrie
  3. La réduction des émissions agricoles : méthane et protoxyde d'azote

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